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Voyage(s) immobile(s)

Dans la maison d’Ali, ancienne entrée des ouvriers du site d’extraction de pétrole du Puits N°1, transformée en Galerie insolite en bordure de la départementale 28, Isabelle Thelen donne à voir des éléments fragmentés autour d’un sommier suspendu mis à nu, laissant entrevoir les ressorts du rêve.

Une petite mécanique des songes se met lentement en place sous le regard de l’oreiller bouche bée, collé au mur. Telles des boites gigognes déployées, les fragments de vie retrouvés se répondent à travers la pièce : un réveil, dont les aiguilles ne courent plus après le temps depuis bien longtemps, une lampe, dont le génie semble s’être échappé par la guirlande lumineuse, des babouches, invitées à une dernière danse sur la pointe des pieds, un bal de cintres en équilibre incertain, des mots jetés comme autant d’images flashes qui traversent nos nuits, tout cela, pendant que se déroule irrémédiablement le film de la vie cloué sur une porte de sortie.

La structure du cube revient sans cesse dans une mise en abime comme un jeu de dés qui en jetterait le sort, jeu rompu par le rond du déroulé de la bande de drap qui renferme les traces de ce qui pourrait bien être nos vies.

A chacun de commencer l’histoire par un bout. Celui qu’il voudra. Peu de choses transformées, juste une mise en scène.  Là est bien l’intention, remettre en scène ce que nous avons sous les yeux. S’immobiliser un instant et laisser l’imaginaire se mettre en marche.

 Installation, Galerie du Puits 1, 2022